Concours Rousseau 2018Dans un esprit d’innovation pédagogique, a été émis l’idée de reproduire une salle d’audience interactive et flexible c’est-à-dire susceptible d’être utilisée pour faire travailler les étudiants sur tous les types de contentieux.

Résumé

Concrètement, les étudiants disposeront de ressources théoriques mise en ligne ainsi qu’un dossier complet : exposé des faits, pièces, actes de procédure… Il s’agit de traiter de manière le plus réaliste possible un cas fictif dans un environnement juridique réel en utilisant comme sources le droit positif.

Dans un premier temps, les étudiants devront endosser le rôle d’un des acteurs de la procédure, produire les écritures adéquates dans le respect d’un cadre procédural réaliste adapté à leur formation par l’enseignant. Cela nécessitera en amont un travail de recherche conséquent au cours de laquelle l’enseignant pourra les recevoir par petits groupes afin de les aiguiller ou les corriger et éviter des erreurs grossières. Ils devront exploiter le droit positif, c’est-à-dire le maîtriser mais essayer de l’adapter aux intérêts qu’ils défendent. Ils devront également développer leur éloquence, qualité qui leur sera utile pour passer des oraux, des concours et dans leur vie professionnelle en général.

Dans un deuxième temps, l’audience proprement dite sera pilotée par l’enseignant qui décidera selon le contexte et la qualité des prestations du degré d’intervention nécessaire.

Enfin, le troisième temps sera consacré à la correction tant du point de vue procédural, matériel que des stratégies et des postures adoptées. Si des carences de connaissances ont été identifiées, des approfondissements a posteriori peuvent s’avérer utile.

Tout ceci nécessite de repenser le cadre d’évaluation du travail de l’enseignant. En effet, si douze heures de « présence » sont suffisantes pour encadrer un exercice, le travail de préparation en amont est bien plus important. De plus, une partie de la présence, celle consacrée à l’aide individualisée ou par groupe, peut être dématérialisée.

De plus, il est envisageable, voir souhaitable, d’associer régulièrement des magistrats ou des avocats spécialisés selon les exercices, au moins pendant les audiences (avec un débriefing).

Objectifs

L’installation doit servir de support à des pratiques pédagogiques innovantes et la mise en œuvre de nouvelles méthodes d’enseignement de la science juridique. Ces méthodes, à la fois actives et interactives reposent sur une mise en situation professionnelle mais aussi de la recherche appliquée et un enseignement clinique du droit.

Premièrement, la salle d’audience interactive constitue un cadre idéal afin d’adapter les logiques de la pédagogie inversée aux sciences juridiques, c’est-à-dire de demander aux étudiants de travailler avant le cours sur la partie magistrale de celui-ci par l’apport de connaissances pures aux travers de ressources variées mises à disposition sur la plateforme Moodle de l’Université puis de les immerger dans un cadre réaliste afin de les pousser à exploiter leurs nouvelles connaissances, les approfondir ou les reprendre le cas échéant.

Deuxièmement, il s’agit de rompre avec une transmission trop théorique des connaissances juridiques en confrontant les étudiants de Master I et II à la pratique juridique et judiciaire grâce à des mises en situation. Ce sont les aspects enseignement clinique et recherche appliqué.

Troisièmement, la salle permettrait de préparer des équipes d’étudiants pour les concours de plaidoirie dans toutes les disciplines juridiques ce qui contribue au rayonnement de l’Université d’Angers en France et à l’étranger.

Quatrièmement, intérêt secondaire mais non négligeable, une salle d’audience interactive deviendrait immanquablement un élément d’appel et de communication dans la politique de l’UFR SJEPG et, au-delà, de l’Université.